En formation professionnelle, les difficultés d’apprentissage font partie du parcours. Elles apparaissent à différents moments. Elles prennent des formes variées. Elles se repèrent par un écart entre les attendus de la formation et ce qui est observé chez l’apprenant. Le rôle du formateur consiste à travailler ces situations avec méthode. Rien ne se fait seul. Chaque étape se construit avec l’apprenant. Cette démarche correspond aux attendus du titre FPA et du référentiel d’évaluation.
Une difficulté d’apprentissage peut concerner la compréhension, la mise en œuvre d’une compétence, l’engagement dans les activités ou l’évolution dans le temps. Le formateur ne s’arrête pas au constat. Il engage une analyse pédagogique partagée avec l’apprenant.
La première étape repose sur l’observation. Le formateur s’appuie sur des faits. Erreurs répétées. Activités inachevées. Difficulté à transférer en situation professionnelle. Participation en baisse. Stress visible dans certaines situations. Ces éléments ne restent pas implicites. Ils sont partagés avec l’apprenant. Le formateur explicite ce qu’il observe et vérifie avec lui si ces constats font sens. L’observation devient déjà une première forme de co-construction.
Les difficultés peuvent relever de plusieurs dimensions.
La dimension cognitive concerne la compréhension, la mémorisation, l’organisation des informations, le raisonnement et le transfert des apprentissages.
La dimension conative concerne l’engagement, la motivation, la persévérance, l’implication dans les activités, le sens donné à la formation.
La dimension affective concerne le vécu émotionnel, peur de l’erreur, manque de confiance, rapport à l’évaluation, expériences antérieures qui influencent l’apprentissage, mauvaise intégration dans le groupe, conflits.
La dimension psychomotrice concerne la réalisation des gestes professionnels, coordination, précision, rythme posture, enchaînement des actions.
Lorsque les indicateurs persistent, le formateur propose un entretien individuel. Il s’agit d’un entretien d’accompagnement. Il n’a pas pour objectif d’évaluer. Il vise à comprendre la situation d’apprentissage avec l’apprenant. Le cadre est posé. L’objectif est explicité.
Selon la nature de la difficulté, le formateur mobilise des outils adaptés.
Lorsque la difficulté concerne la manière de faire, une action professionnelle ou une procédure, le formateur peut s’appuyer sur un entretien d’explicitation. Il cherche à comprendre comment l’apprenant agit réellement. Étape par étape. Le raisonnement se construit à partir de ce que l’apprenant décrit de son activité.
Lorsque la difficulté concerne l’engagement ou le sens donné à la formation, l’entretien permet de travailler sur les représentations, la compréhension des objectifs et le lien avec le projet professionnel. Ces éléments sont clarifiés ensemble.
Lorsque la difficulté concerne le vécu émotionnel, l’entretien permet de recueillir le ressenti de l’apprenant et de sécuriser le cadre d’apprentissage. Le travail reste pédagogique. Il vise à créer des conditions favorables à l’apprentissage.
Lorsque la difficulté est principalement psychomotrice, l’observation en situation est centrale. L’apprenant est associé à l’analyse de sa pratique. Il verbalise ce qu’il fait, ce qu’il ressent, ce qui lui pose problème.
À partir des observations et de l’entretien, le formateur pose un diagnostic pédagogique. Ce diagnostic n’est pas imposé. Il est partagé avec l’apprenant. Les dimensions concernées sont nommées ensemble. Cognitive. Conative. Affective. Psychomotrice. Le diagnostic porte sur la situation d’apprentissage, jamais sur la personne.
Vient ensuite une étape indispensable : la recherche des causes. Elle se fait avec l’apprenant. Le formateur propose des hypothèses. L’apprenant réagit. Ensemble, ils analysent ce qui peut expliquer la difficulté. Prérequis insuffisamment maîtrisés, modalités pédagogiques peu adaptées, rythme trop rapide, manque de sens, surcharge cognitive, stress lié à l’évaluation, difficulté dans la réalisation des gestes professionnels. Les causes sont croisées. Aucune explication n’est retenue sans validation.
Une fois les causes identifiées, la remédiation est coconstruite. Le formateur propose des pistes en lien direct avec les causes retenues. L’apprenant exprime ce qui lui paraît possible et aidant. Les actions sont définies ensemble. Elles sont concrètes, ciblées et limitées dans le temps.
Les actions sont mises en œuvre en situation de formation. Le suivi se fait avec l’apprenant. Les effets sont observés et analysés ensemble. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’évaluation formative. Si nécessaire, les ajustements sont à nouveau coconstruits.
L’ensemble de la démarche est tracé. Le formateur conserve une trace écrite. Indicateurs observés. Éléments issus de l’entretien. Diagnostic pédagogique partagé. Causes identifiées. Actions décidées. Effets observés. Le traçage rend visible le raisonnement professionnel et la place active de l’apprenant.
Pour le jury FPA, ce qui est attendu est une démarche cohérente et complète. Repérage partagé. Entretien adapté. Diagnostic pédagogique coconstruit. Recherche des causes avec l’apprenant. Remédiation coconstruite. Mise en œuvre suivie. Traçage.
Remédier aux difficultés d’apprentissage c’est travailler avec l’apprenant à chaque étape. Observer ensemble. Comprendre ensemble. Ajuster ensemble. Dans une posture professionnelle conforme aux exigences du métier de formateur.
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