Réflexions pour démystifier des notions clés
Quand on débute en formation, certains termes peuvent semer le doute.
Progression pédagogique, scénario pédagogique global, scénario d’animation…
On les lit dans les référentiels, on les entend en formation de formateurs, mais leur différence n’est pas toujours claire.
Et pourtant, ces trois notions sont essentielles pour construire un parcours cohérent.
Quand j’ai commencé, je ne faisais pas vraiment la distinction.
Je préparais ce que je voulais aborder, je notais quelques idées d’activités, et je pensais être prête.
Mais parfois, malgré mes efforts, le fil semblait flou.
J’avais abordé tous les points, mais les apprenants avaient du mal à suivre l’ensemble.
Il manquait quelque chose.
Avec l’expérience, j’ai compris que former, ce n’est pas juste enchaîner des contenus.
Il faut penser les étapes, organiser les séances, structurer l’ensemble.
C’est là que la progression, le scénario global et le scénario d’animation prennent tout leur sens.
La progression pédagogique
Etapes structurées et progressives correspondant à des objectifs pédagogiques, visant
à transmettre le contenu d’un programme de formation (d’après norme Afnor NF X50-
750 Août 2015).
Elle organise les compétences à développer dans un ordre logique, adapté aux caractéristiques du public, au cadre de la formation, et à la durée disponible.
Le REAC précise :
La progression pédagogique décrit les objectifs, les étapes, les modalités et les durées de formation.
Elle peut s’appuyer sur différents modèles, comme :
– la taxonomie de Bloom, pour organiser les niveaux cognitifs,
– le curriculum en spirale, qui permet de revenir sur les notions à plusieurs moments pour les approfondir,
– une progression par thèmes, par situations professionnelles, ou par compétences prioritaires.
Elle répond à une question structurante :
dans quel ordre allons-nous faire avancer les apprenants, avec quels moyens, pour atteindre les objectifs fixés dans un cadre donné ?
Le scénario pédagogique global
C’est la traduction concrète de la progression, structurée en action, modules, séquences, et séances.
Il précise, pour chaque module et séquence :
– les compétences visées,
– les objectifs pédagogiques,
– les activités envisagées,
– les modalités (présentiel, distanciel…),
– les évaluations,
– la durée,
– et la liste des séances prévues pour atteindre les objectifs.
Il répond à la question :
comment vais-je structurer toute la formation, du début à la fin, de façon cohérente ?
Le scénario d’animation
C’est le déroulé détaillé d’une séance, d’une animation, dans une séquence donnée.
Il permet au formateur de savoir quoi faire, quand, comment, avec quels supports, pour quels objectifs.
Il précise les temps pédagogiques, les activités, les échanges, les évaluations…
Il répond à la question :
que vais-je faire concrètement avec mon groupe pendant cette séance précise ?
Ces trois niveaux se complètent.
Une activité peut être pertinente, mais si elle est placée au mauvais moment ou dans une séquence mal construite, elle perd de son efficacité.
Une séance bien conçue, mais isolée du reste du parcours, peut laisser les apprenants dans le flou.
Réfléchir à la progression, au scénario global et aux animations, ce n’est pas faire du formalisme.
C’est poser un cadre solide.
Pour que la formation garde son sens, du début à la fin. Et que l’apprentissage puisse vraiment se construire.
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