La Communication Non Violente : une alliée précieuse en formation

Patricia barrett
12 Déc 2024
6 minutes de lecture
Une peinture de style impressionniste faite pa IA, représentant deux personnes en pleine communication. L'une parle avec des gestes expressifs, tandis que l'autre écoute attentivement avec un léger hochement de tête. L'arrière-plan flouté aux tons chauds évoque une atmosphère accueillante et harmonieuse. Des détails subtils, comme des étagères de livres et des plantes, suggèrent un environnement paisible et réfléchi, mettant en avant les thèmes d'empathie et de respect mutuel."

Selon Marshall Rosenberg, son fondateur, la Communication NonViolente est « le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant ».

La Communication Non Violente (CNV), ce n’est pas qu’une méthode. C’est une façon d’être, d’écouter, et surtout de parler avec bienveillance, même dans les moments tendus. Mais je ne vais pas vous mentir : ça ne m’est pas venu naturellement.

Quand j’ai découvert la CNV :

Je me souviens d’une formation où tout semblait compliqué. Un apprenant, Marc, était régulièrement en opposition. Il interrompait, critiquait les contenus, et semblait toujours sur la défensive. J’étais à deux doigts de m’agacer, mais j’ai décidé d’essayer autre chose. Je venais de découvrir la CNV. Autant dire que je n’étais pas encore très à l’aise, mais c’était l’occasion parfaite pour tester.

Les quatre étapes fondamentales (OSBD)

C’est la base de la CNV : Observation, Sentiment, Besoin, Demande.

  • Observation : Décrire factuellement la situation sans jugement.
  • Sentiment : Identifier et nommer son émotion.
  • Besoin : Exprimer le besoin lié à l’émotion.
  • Demande : Faire une demande claire et réalisable.

Ce que j’ai fait avec Marc :

La CNV m’a appris à décomposer mes échanges en quatre étapes simples :

  1. Observer sans juger : J’ai décrit les faits sans interpréter. Par exemple, j’ai dit : « J’ai remarqué que tu interromps souvent quand je parle. »
  2. Exprimer mes émotions : J’ai osé dire ce que je ressentais. « Ça me déstabilise et je perds le fil de mes idées. »
  3. Identifier les besoins : Là, j’ai réfléchi à ce qui se cachait derrière mon émotion. J’ai partagé : « J’ai besoin d’un échange plus fluide pour que tout le monde suive. »
  4. Faire une demande claire : Pas d’exigence, juste une suggestion. « Serais-tu d’accord pour attendre la fin de mes explications avant d’intervenir ? »

L’effet sur le groupe :

Marc m’a surpris. Il n’a pas réagi avec agressivité. Au contraire, il a expliqué qu’il avait peur de ne pas avoir le temps de poser ses questions. En écoutant son besoin, j’ai pu ajuster : on a convenu de faire plus de pauses pour échanger.

Le reste du groupe a aussi ressenti le changement. En désamorçant la tension avec Marc, l’ambiance générale est devenue plus détendue.

Ce que j’ai appris :

La CNV m’a montré qu’il ne s’agit pas de « gagner » une dispute ou d’avoir toujours raison. C’est surtout une manière d’aller au-delà des apparences. Derrière une critique, il y a souvent une peur ou un besoin. Apprendre à les entendre, c’est ça le vrai défi.

Mais soyons honnêtes : c’est un apprentissage. Ça demande de la pratique, des erreurs et de la patience. Je ne maîtrise pas encore tout, mais à chaque fois que je l’applique, je vois les bénéfices, pour moi comme pour mes apprenants.

Parfois, comme toute méthode, ça ne fonctionne pas de façon idéale. J’ai eu un apprenant qui était tellement fermé et hostile qu’il considérait la bienveillance comme de la manipulation. Un autre, considérait les échanges émotionnels ou la recherche de besoins comme « inutiles » ou « hors sujet. De plus, quand les conflits sont déjà bien installés ou que le groupe est très divisé, la CNV peut sembler insuffisante. Certains apprenants peuvent ne pas vouloir écouter les autres, même avec les meilleures intentions.

Mais même si elle semble inefficace avec certains apprenants, ce n’est pas forcément un échec. L’essentiel est de maintenir un cadre respectueux et d’ajuster vos outils à la situation. Elle peut être complétée par d’autres approches.

Les principes fondamentaux de la CNV appliqués à la formation :

La CNV repose sur des principes simples mais efficaces. En les intégrant dans la formation, on change la dynamique des échanges :

  • Tous les apprenants ont les mêmes besoins : Être écoutés, respectés, soutenus. Les conflits naissent des stratégies pour répondre à ces besoins, pas des besoins eux-mêmes. Par exemple, Marc voulait être entendu, mais sa stratégie (interrompre) n’était pas adaptée.
  • Nos émotions révèlent nos besoins : Derrière la frustration ou l’agacement se cache souvent un besoin non satisfait. En tant que formateur, reconnaître ces émotions aide à mieux comprendre les attentes des apprenants.
  • Les apprenants évoluent : Le groupe n’est jamais statique. En adaptant sa communication, on soutient leur progression.
  • La coopération se construit dans l’interdépendance : Les réussites en formation dépendent de l’écoute mutuelle et de la contribution de chacun.
  • Donner sans obligation est plus naturel : Les apprenants s’investissent davantage lorsqu’ils se sentent libres et compris.

Ces hypothèses m’ont permis d’ajuster ma posture, d’accompagner les besoins de chacun et de transformer les tensions en opportunités d’apprentissage.

Pourquoi c’est utile en formation

La CNV m’a aidée à :

  • Créer un climat plus apaisé : Les apprenants se sentent écoutés, même quand ils ne sont pas d’accord.
  • Gérer les tensions : Les conflits ne sont plus des murs, mais des ponts vers une meilleure compréhension.
  • Renforcer l’engagement : Quand on écoute vraiment, chacun se sent à sa place.

Si vous êtes formateur, je vous encourage à essayer. Commencez petit. Une observation, une émotion, une demande. Vous verrez, même un changement simple peut transformer vos échanges. Et si j’ai pu m’y mettre, vous pouvez aussi !

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Pour aller plus loin : https://cnvfrance.fr/communication-non-violente/

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