Les biais cognitifs dans la formation des adultes

Patricia barrett
25 Fév 2025
4 minutes de lecture
Image générée par intelligence artificielle. Peinture impressionniste abstraite représentant les biais cognitifs dans la formation des adultes. L'œuvre présente des formes dynamiques, des lignes fluides et des motifs fragmentés symbolisant la confusion, les distorsions de perception et les processus de pensée. Les couleurs évoluent de tons doux à des teintes vives, illustrant la prise de conscience progressive et le dépassement des biais. La composition, avec ses coups de pinceau texturés et ses éléments superposés, évoque la complexité et la réflexion.

Un biais cognitif, c’est une erreur de jugement que notre cerveau fait sans que l’on s’en rende compte. Les biais cognitifs. On en parle peu, mais ils sont là. Partout. Ils influencent nos décisions, nos jugements. On croit penser librement ? Pas toujours. En formation pour adultes, ils ont un vrai impact. Formateurs, apprenants, personne n’y échappe. Les repérer, c’est pouvoir faire mieux.

Les biais cognitifs ne disparaitront pas. Mais les connaître, c’est déjà un pas. En formation, cela permet d’être plus juste. Plus à l’écoute. Créer un espace avec moins d’automatismes, plus de réflexion. Voilà ce qui fait la différence.

1. Biais de confirmation

On croit ce que l’on veut croire. On voit ce qui nous arrange. Par exemple, un formateur qui a toujours utilisé une méthode précise risque de s’y accrocher. Pourquoi changer, si ça a toujours marché ? Pourtant, d’autres approches existent. Parfois plus adaptées. S’ouvrir, tester, ajuster. C’est là que ça devient intéressant.

On privilégie les informations qui confirment nos hypothèses.  Notre cerveau va tout faire pour préserver son système de cohérence.

2. Effet de halo

On se fait une idée, rapide. Trop rapide. Une bonne impression ? On surévalue tout le reste. Une impression moyenne ? On minimise. En formation, ça fausse la donne. Un apprenant timide passe pour moins compétent ? Dommage. Il suffit d’observer un peu plus. D’attendre. De ne pas se fier au premier regard.

On est influencé en fonction d’une caractéristique ou d’une première impression. Notre cerveau cherche à simplifier et à gagner du temps en faisant des raccourcis.

3. Biais de l’autocomplaisance

« Je maîtrise. » C’est tentant de le penser. Mais ce n’est pas toujours vrai. Si je ne comprends pas, c’est plus simple de dire : « C’est la faute du formateur. » Pourtant, croire que l’on est parfait, c’est se fermer des portes.
Un formateur, comme un apprenant, doit garder en tête qu’il y a toujours plus à découvrir. Rester curieux, pour avancer.
Si je fais bien, c’est grâce à moi. Si je fais mal, c’est la faute des autres ou de la malchance. Ce raisonnement, bien connu, n’est pas anodin. Notre cerveau active ce mécanisme de défense pour protéger l’estime de soi.

4. Effet Dunning-Kruger

Le paradoxe : plus on en sait peu, plus on croit en savoir beaucoup. Certains apprenants sont persuadés d’avoir tout compris. En réalité, il reste du chemin. Le formateur doit savoir détecter cela. Créer un climat où dire « je ne sais pas » est normal. Valoriser la progression. Encourager la remise en question.

Notre sentiment de connaissance n’est pas proportionnel à la réalité de nos connaissances. Notre cerveau cherche à se valoriser et à renforcer la confiance en soi.

5. Biais de l’ancrage

Première impression, première information. Elle colle. Difficile de s’en défaire. On entend qu’un apprenant a des difficultés ? On garde cette idée, même si la personne progresse. Ce biais fausse les jugements. Il faut savoir remettre les compteurs à zéro. Évaluer sur ce que l’on voit, pas sur ce que l’on a entendu.

La première information que nous avons reçu est notre référence. C’est un point d’ancrage pour le futur. Le cerveau cherche à prendre rapidement des décisions sans tout remettre en cause.

6. Biais du conformisme

Penser comme tout le monde. C’est rassurant. Mais c’est limitant. Dans un groupe, on a tendance à se fondre dans la masse. Le formateur a un rôle : encourager la différence. Valoriser les idées qui sortent du lot. C’est de là que viennent les échanges enrichissants.

Si le plus grand nombre le pense c’est que cela doit être vrai. Notre cerveau cherche à se sécuriser, à éviter l’exclusion.

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