Pourquoi éviter les mots « enseigner » et « transmettre » en formation, et le rôle de l’expertise du formateur

Patricia barrett
16 Jan 2025
3 minutes de lecture
Image impressionniste créée par IA, montrant des apprenants découvrant un métier par une approche expérientielle. L'image dépeint un atelier animé où les participants, en interaction, manipulent des outils, expérimentent et apprennent activement par la pratique, reflétant une pédagogie moderne et collaborative."

J’ai remarqué que les mots « enseigner » et « transmettre » ne sont plus très populaires en formation. Pourquoi ? Parce qu’ils rappellent une vision trop classique. Une vision où le formateur sait tout et l’apprenant reste passif. Mais aujourd’hui, on cherche autre chose.

Une approche plus moderne

  • Des apprenants actifs
    En formation, l’apprenant doit participer. Apprendre, c’est aussi construire ses propres connaissances. « Transmettre » donne l’idée que le formateur donne tout, et que l’apprenant n’a qu’à recevoir.
  • Une posture différente
    Le formateur est plutôt un guide. Il stimule, il accompagne, il pose les bonnes questions. Cela permet aux apprenants de réfléchir et de mieux s’approprier ce qu’ils apprennent.
  • Plus de souplesse
    « Enseigner » ou « transmettre » peuvent sembler rigides. Aujourd’hui, on préfère des approches adaptées. Celles qui valorisent l’expérience des apprenants et qui s’ajustent à leurs besoins.

Préférez des termes comme « accompagner », « partager » ou « coconstruire ». Cela reflète mieux l’état d’esprit d’une formation moderne.

Lors des entretiens (recrutement, examen…), dire que l’on souhaite transmettre son savoir est une réponse courante, mais cela peut être perçu comme une posture descendante. Pour montrer que vous adoptez des pratiques modernes tout en valorisant votre expertise, vous pourriez dire :
« Ce qui me motive, c’est de pouvoir accompagner les apprenants à s’approprier un savoir que je possède grâce à mon expérience, et à les aider à le mettre en pratique dans leur quotidien. »

Peut-on former sans être expert d’un métier ?

On entend parfois qu’un formateur peut former sur n’importe quel sujet. Mais est-ce vraiment vrai ? Voici pourquoi cette idée peut poser problème.

La réalité des métiers

  • Chaque métier a ses spécificités
    Tous les métiers ne se ressemblent pas. Il y a des codes, un vocabulaire, des enjeux particuliers. Si le formateur ne les connaît pas, il risque de perdre sa crédibilité.
  • L’importance de l’expérience
    Les apprenants aiment que le formateur partage des exemples concrets. Des anecdotes, des cas réels. Sans expérience dans le métier, le formateur peut rester trop théorique.
  • Un besoin de confiance
    Les apprenants veulent être guidés par quelqu’un qui sait. Si le formateur ne maîtrise pas le sujet, cela peut créer un doute. Un doute sur la valeur de la formation.

Les limites de la polyvalence

Il est vrai qu’un formateur peut couvrir plusieurs thèmes. Surtout dans les compétences transversales, comme par exemple la gestion du temps ou la communication. Mais pour des métiers techniques ou spécialisés, une expertise est indispensable.

Le rôle du formateur a évolué. Il ne s’agit plus seulement d’enseigner ou de transmettre. Mais de guider, de stimuler et d’adapter la formation. Cependant, être un bon pédagogue ne suffit pas toujours. Une expertise métier reste essentielle pour offrir une formation pertinente et crédible. Le meilleur formateur ? Celui qui allie pédagogie et connaissance du terrain.

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